09 septembre 2010

Tartine Mariol

Tout le monde connaît (ou devrait) cette doyenne de la bd d'origine italienne, Nonna Abelarda est son nom transalpin, qui affiche plus de 100 piges au compteur et qui à l'instar de Popeye est dotée d'une force herculéenne, mais sans qu'elle soit obligée d'ingurgiter une boîte d'épinards.
Elle est apparue en France dans diverses publications de la SFPI dirigée par Jean Chapelle; de Presto à Arc en ciel, Tartine, Tartinet et Festival Tartine des années 50 au début des années 80. Trente ans pendant lesquels les "illustrés" innondaient les kiosques à journaux, faisant aussi travailler un paquet de monde.
J'avoue que je ne suis pas du tout un spécialiste des "petits formats" (comme on dit) et ils ne sont pas nombreux sur la place (les spécialistes) tant le sujet est vaste et les recherches difficiles, d'ailleurs je ne pense pas qu'il y ait eut un bouquin traitant sérieusement de toute cette période, mais si je me *trompe n'hésitez pas à me le dire.


Arc en ciel (ici le numéro 5 - 1957) était un pocket de plus de 190 pages en bichro et couleur, sur papier glacé, Tartine y figure au milieu d'autres séries comiques ou réalistes, allant du corsaire, au cow boy, aux aventuriers…



Le succès aidant, elle obtient une publication à son nom (ici le numéro 265 -1969)…



ainsi qu'une seconde Tartinet (ici le numéro 157 - 1967) …



Une troisième, grand format s'il vous plaît, Festival Tartine (ici le numéro 43 - 1970), ces trois titres sont publiés en parallèle.



Ci-dessous, un des derniers numéros (le 444 - 1982), par rapport au premier Tartine, la couverture est en carton plus épais et il est entièrement en couleur, mais… il a perdu une trentaine de page.



Dans les années 70, elle a même eu droit a des albums cartonnés, édités chez MCL (une des filiales du Groupe Chapelle).




Ce "post" sur Tartine est au départ un clin d'oeil nostalgique à ces petits bouquins brochés comme : Popeye, Geppo, Foxie… que j'achetais quelque fois en mêmes temps que des "bonbecs", en sortant de l'école et qui étaient lus en marchant ou sur le coin d'une table et que j' oubliais dans un coin. Ils n'avaient pas la même aura que d'autres journaux du style : Tintin, Spirou, Pif et les "vraies" bd cartonnées.
C'est en retrouvant au fond d'un carton de rares survivants de cette époque (surtout en les rachetant comme tous ceux qui figurent sur ce billet), que je réalisais qu'il y avait un nombre ahurissant de dessinateurs pour un même personnage.
Dans le numéro d'arc en ciel (voir plus haut) les signatures des créateurs Chierchini et Carpi sont conservées sur les planches :

"Tartine joue (du poing) et gagne !…" (Arc en ciel n°5 - juin-juillet 1957)

 Ci-dessous deux pages de Carpi :
" Le sauveur de Bancarotta" (Tartine  n° 57 - octobre 1960)


Le problème est de mettre un nom sur les dessins de la période Tartine, car à part Arnao qui dessinait Mol et Dendur, pour le compte de la SFPI, le nom des dessinateurs originaux italiens passaient à la trappe.
Grâce à monsieur internet, j'ai trouvé quelques noms des "dessinateurs transalpins" de Tartine : Giulio Chierchini, Giovan Battista Carpi (que vous venez de voir), Mario Sbattella, Nicola Del Principe, Tiberio Colantuoni, Alberico Motta
Mais pour les identifier, c'est un autre problème… Pour l'instant, j'en ai ciblé deux : Alberico Motta a qui l'ont doit l'histoire complète que vous trouverez plus bas, et Tibério Colantuani certainement l'auteur de ces deux planches (si on compare le style graphique avec cette planche) :

" Le jeu des tiroirs" (Tartine  n° 120 - novembre 1967) 

Mais, par exemple, qui a dessiné les deux qui suivent ?
j'attends des suggestions de connaisseurs ou de "Spécialiste".

" L'ami tombé du ciel…" (Tartine  n° 47 - mai 1960)
" La Bedaine démissionne" (Tartine  n° 99 - juillet 1962)
En cliquant sur la planche ci-dessous, vous pourrez lire (en italien) "La Fata del Nord" une aventure (en 20 planches) dessinée par Luciano Gatto :





Voilà un personnage qui mérite un peu plus que ce petit billet, j'ai donc décidé d'écrire "Le" bouquin sur cette grand-mère étonnante et de retrouver tous ces auteurs, classer toutes ces aventures par années, revues et… noon, je déconne bien entendu, mais l'idée n'est pas inintéressante, par contre la tâche est digne des "12 travaux d'Hercule" probablement l'ancêtre de Tartine.






Pour mémoire pour les uns et découverte pour les autres, voici une histoire complète de Tartine Mariol (et non pas Mariolle comme on le voit souvent), tirée du numéro 43 de Festival Tartine.
Pour info, cette aventure intitulée : Éducation des singes, est imprimée verticalement à raison de 2 planches par pages, du coup on est obligé de lire comme on le fait avec un calendrier-almanach de la poste. Une technique étonnante, que l'on peut sans doute expliquer par une probable volonté de l'éditeur de faire des économies de papier en réduisant le nombre de pages. Sur les trois histoires figurant dans ce numéro c'est la seule a être sous cette forme. Dans le cas de ce mensuel qui est d'un format 18 x 26 cm cette technique n'est pas gênante, ça se complique avec des Tartine ou Tartinet qui eux étaient au format 13 x 18 cm, car la qualité d'impression est souvent inégale.
L'avantage c'est que 30 ans plus tard, c'est plus pratique pour faire des scans.
Voici 16 planches que l'on peut attribuer sans se tromper, au pinceau ou à la plume d' Alberico Motta.
Allez bonne lecture…


Éducation des singes(Festival Tartine  n° 43 - décembre 1970)
Pour les amateurs d'originaux, voici la première planche d'un épisode de Nonna Abelarda, dessiné par Motta. On peut retrouver cette histoire dans Tartinet n° 105, 1967, "Le gendarme des troglodytes".

Cette planche provient du site Original Comic Art Gallery.


POUR EN SAVOIR PLUS :

Comme d'habitude voici quelques liens que j'ai trouvé pour approfondir le sujet, bien entendu ce n'est pas une liste exhaustive et il évident que j'en ai loupé des plus pointus sur le sujet, rien ne vous empêche (au contraire) de les signaler dans des commentaires.

…Allez une dernière pour la route


Merci d'être passé et à la prochaine…


14 commentaires:

  1. Super Blog ! Il manque tout de même un article sur Poirier le dessinateur de SuperChat (dans Pif Gadget)

    http://illustrators-web-gallery.blogspot.com/

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  2. Merci Anonyme, Pour le "Super Blog" mais tu ne l'as pas bien parcouru, car il y a un bien billet sur Poirier (et Horace). Tu peux y voir une page de Supermatou (pas SuperChat :-)

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  3. Joli travail, cela m'a ramené aux débuts des années 60 époque où j'achetais ou échangeais ces revues avec des camarades d'école. Une chose me laisse rêveur, les prix ! 100 anciens francs, soit 0,15 € pour Arc en ciel, 0,70 F. soit 0,11 € pour Tartine...
    En tout cas bravo pour ce blog !

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  4. C'est aussi un peu le but de ce blog que de faire office de machine à remonter le temps ;-)
    C'est vrai que les prix laissent rêveur, on voit bien l'arnaque de l'euro, mais normalement le franc risque de faire son retour après dix petites années d'absence :-)
    Si tu regardes le numéro de Tartine de 1982, il était tout de même passé à 3,50F (0,53€) avec moins de pages.
    Merci de ta visite et de ton commentaire.

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  5. Bonjour, merci pour cette petite visite au royaume des personnages de mon enfance! Je me souviens avoir "dévoré" ces Tartine, Tartinet ainsi que les Akim, les Gai Luron, Pif ... je me souviens également de revues de bandes dessinées intitulées "Nano Nanette" J'en avais toute une caisse dans le grenier de mes parents où je passais mes jeudis pluvieux à lire! Est-ce que cela te dit quelque chose? Merci encore et bon courage si tu t'atèle au travail d'écriture!

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  6. @ A. Nonyme :
    Je ne connais que le nom du journal "Nano et Nanette".
    Merci de me souhaiter bon courage pour le travail d'écriture sur le bouquin traitant de Tartine… mais si tu lis bien, tu verras que plaisantais :-).
    La tâche est gigantesque (à mon avis), car pour avoir produit de qualité, Il faudrait avoir accès aux archives de la SFPI, si elles existent toujours?… Plus celles des publications italiennes !
    De rien pour la "petite visite au royaume des personnages de ton enfance!"
    ;-)

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  7. Petit, je lisais "Tartine", "Dodu" et "Popeye". Maintenant, j'en suis à Joris-Karl Huysmans, Joyce Carol Oates et Henry James. Et j'aime autant ces bédés populaires que ces auteurs dits "cérébraux".

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  8. Y aura-t-il un billet sur Roico le coq ? j'en ai lu aussi gamin.

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  9. @ C. Jannone :
    Comme quoi la lecture des bd de jeunesse mène à tout ;-)
    Même si perso je pense qu'il y a une grande différence entre la bande dessinée et le roman (pas uniquement d'un point de vue qualitatif il y a du bon et du mois bon dans les deux).
    C'est pourquoi on peut aimer les deux, car ils n'ont aucuns points communs, à part le support papier.
    Pour Roico le coq, j'ai des scans d'une étrange bd d'un lapin atomique, parue dans le numéro 157 (le seul que j'ai) qui attendent un improbable petit billet…

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  10. Giovan Battista Carpi ne fut-il pas aussi un grand de Mickey Parade où il brilla dans les aventures de Donald et Picsou ? On lui doit Donald gouverneur de Gruyerland dans Donald contre les Rapetou : dès cette époque, j'avais décelé le dessinateur de Tartine ! le Roman d'un Donald pauvre, publié en 1972 dans Donald au travail, est, selon moi le chef-d'oeuvre donaldesque de Carpi.

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  11. Dans mon roman partiellement autofictionnel Translateur pictural, je montre que j'en connais un certain wagon en matière de bandes italiennes disneyennes.

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  12. @ Patrick...

    Ton calcul sur le prix du magazine est erroné car tu n'as pas tenu compte de l’inflation et de l'inévitable érosion monétaire :
    100 anciens francs de 1958 valaient 1,42 nouveaux francs de 1961... et deux euros de 2012 !

    Cordialement : P-B

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  13. bravo pour ce blog et cette mine d'infos sur ces heros des annees 60 ! quel travail !

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  14. Bon, et ben écoute, moi je te dis bravo, voilà. Ce matin je prend mon petit déj en te lisant sur mon iPad et je suis bien content

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