01 juillet 2022

Ronald Searle

Salut les "Zamis" !
C'est l'été et nous allons faire une pause avec les "Dessinateurs-Peintres", pour retrouver les bons vieux Dessins au traits.
Révisons les classiques avec Ronald Searle, en regardant quelques-uns de ses dessins tirés du livre : "45 ans de dessins", éditions Denoël, 1984.
(Un extrait de "Fait par Ronnie…" préface du livre) : "…Et puis, d'un seul coup, je me mis à dessiner. J'avais toujours fait des gribouillages; et brusquement, ils se mirent à prendre forme.
Toutes les possibilités que pouvaient me donner une simple plume, un simple crayon, exercèrent sur moi une sorte de fascination qui tourna vite à l'obsession. Personne ne s'intéressait particulièrement à mes dessins, personne ne semblait choqué par leur caractère spontanément grotesque. Tout cela paraissait bien naturel pour un garçon qui se servait de sa main gauche.
Le milieu m'était en fait très favorable. Par naissance, j'avais droit à l'originalité; l'anormal me semblait, comme à mon entourage, parfaitement normal et non pas une caricature voulue du comportement "comme il faut" imposé par "les autres". En outre, il ne venait à l'idée de personne de trouver ridicule que, pour la première fois que nos ancêtres durent fuir devant l'envahisseur viking, à travers marais et tourbières, un Searle, gaucher de surcroît, puisse revendiquer le droit de vivre en artiste plutôt qu'exercer le métier de fossoyeur ou toute autre activité…"
Ronald Searle, mars 1984


La couverture du livre d'où sont tirées, via mon scan, toutes les "Zimages" de ce billet:
"Ronald Searle, 45 ans de dessins", éditions Denoël, 1984, 224 pages.
Une petite vidéo (on aime bien les vidéos sur le Dessin) sur la présentation d'un bouquin, le catalogue de l'exposition pour le centenaire de Ronald Searle (1920-2011), au musée Wilhelm Busch de Hanovre:




Lien :
 





Allez, merci d'être passé et à la prochaine !

 



02 juin 2022

Vicente Segrelles

Salut les "Zamis",

Dans la série les "Dessinateurs-Peintres" débutée avec Yves Thoss, voici Vicente Segrelles, le créateur du Mercenaire, ce guerrier en armure qui chevauche une espèce de dragon, qui ne crache pas de feu, dans des mondes et des temps oubliés.
Cette série dont la parution débuta en 1981 dans la revue "Circus" (n° 41), avait la particularité d'être réalisée en couleurs directes à la peinture à l'huile, et non à l'aérographe comme on peut le lire un peu partout sur la toile (web, pas le support pour peindre).
Contrairement à Yves Thoss, on ne ressent pas la frustration de la couverture qui ne correspond pas au contenu de l'album.
Car avec Segrelles tout est raccord.
Booon…! Je sais que Thoss était avant tout affichiste. Segrelles lui vient de l'illustration, d'où peut-être ce côté parfois un peu figé de ses personnages dans les cases.
Mais on ne lit pas vraiment les albums du Mercenaire, qui sont un joyeux mix de Moyen-Âge et d'heroic fantasy, on fait comme Fellini, on contemple les images.

"Le Mercenaire est une bande dessinée magnifique et grandiose qui restitue l'émotion, l'émerveillement et le plaisir de contempler des images."
Federico Fellini

En 1999 Glénat publie "L'Art de Segrelles", un livre dans lequel "l'auteur du Mercenaire explique les secrets de son art", depuis ses débuts. Il énumère toutes ses techniques en cinq chapitres (Livres) : Encre de Chine, gouache, huile, les instruments, dessin, couleur… Le tout illustré par de belles "zimages" en couleurs.
Je vous propose d'en regarder une petite partie :


Illustration à l'huile "Le mercenaire"


L'huile comme aquarelle

L'huile comme aquarelle

L'encre de Chine

L'encre de Chine

L'huile sur toile

La peinture et les galeries

La peinture et les galeries

L'ordinateur : la couverture de l'album "Les Géants"

L'ordinateur : étapes d'une planche de l'album "Les Géants"

Processus de travail

Processus de travail

Peindre et raconter des histoires :
Planche 3 d'une histoire jamais publiée "L'évidence"

Détail de la case 5 de "L'évidence"

La couverture du livre d'où sont tirées, via mon scan, toutes les "Zimages" de ce billet

Depuis une vingtaine d'années les treize albums de la série avaient disparu des rayons des librairies, mêmes les occasions sont difficiles à trouver, surtout les derniers. Depuis 2021, Glénat les réédite sous la forme d'une intégrale en trois tomes. Après des dates sans cesse repoussées, le troisième et dernier tome devrait paraître cet été au mois d'août.
Il est bon de préciser que cette édition intégrale définitive bénéficie d'une nouvelle numérisation des planches supervisée par l'artiste lui-même
Les planches rescannées sont imprimées dans un format légèrement plus grand, les couleurs sont beaucoup plus proches des peintures originales et le placement des textes est différent. Dans la première version les images étaient souvent tronquées pour inclure le texte explicatif, qui a été allégé dans l'intégrale. Même si, quelques fois, on pourrait le supprimer complètement, façon "Arzach".

Un petit aperçu avec la rubrique "Les différences":

Voilà c'est tout pour ce mois-ci…


Liens :
 





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05 mai 2022

J. Allen St. John

Salut les Zamis! (c'est-à-dire les trois ou quatre qui suivent ce blog [smiley chaleureux]).
Après Georges Wilson et ses couvs de Tarzan, restons avec les illustrateurs de Edgar Rice Burroughs, notamment un des premiers; James Allen St. John.

J.Allen St. John, auto-portrait
J. Allen ST. John aurait pu se vanter d'être tombé dedans quand il était petit, en effet il avait huit ans quand sa mère, artiste peintre, l'embarqua avec elle à Paris pour poursuivre ses propres études d'art.
Il garda un bon souvenir de ses ballades dans le Louvre, aux Luxembourg et les quartiers de Paris. Ses premiers souvenirs était l'atelier de sa mère et les regards de ses portraits "qui le suivaient" quand il se déplaçait dans la pièce.
Les trois ans passés en Europe à fréquenter les musées lui donneront l'envie de devenir peintre.
Il disait : "J'ai commencé à dessiner et peindre avant de savoir lire et écrire". Plus tard à son retour aux Etats-Unis son toubib de père, décida que ça serait plus sérieux d'avoir un "vrai boulot" et qu'il l'aiderait à monter sa propre société commerciale (et oui, "Jimmy" n'est pas né dans la famille de Trinita) , bien entendu, du côté de James Allen ça bloquait un peu, son père décida alors qu'il irait quand même chez un oncle de Californie apprendre à devenir un bon cow-boy…
Mais, bon sang ne saurait mentir, il sera artiste, comme maman.
Pour faire court, c'est à la quarantaine, qu'il se consacrera à la période qui nous intéresse, celle de l'illustration de livres. C'est avec les livres d'Edgar Rice Burroughs qu'il débutera. En 1915 il réalise les illustrations intérieures du "Retour de Tarzan", c'est N.C. Wyeth (que l'on verra certainement un jour sur ce blog) qui fera la jaquette de couverture, mais l'année suivante il réalisera tout (couverture + illustrations).
C'est avec quelques uns de ses travaux pour Tarzan, pour faire une suite avec le précédent billet, que nous allons commencer celui-ci :


La peinture originale de la couverture de "Tarzan et le lion d'or" (Tarzan and the Golden Lion - 1922).

La même au trait

J.Allen St. John, devant son chevalet.

Couverture de "Tarzan parmi les fauves" (The Beasts of Tarzan - 1916). (c'est la première couverture pour Tarzan,peinte par J.Allen St. John).

La peinture originale de la couverture de "Tarzan et le trésor d'Opar" (Tarzan and the Jewels of Opar - 1918).

Couverture de "Tarzan l'indomptable" (Tarzan the Untamed - 1920).

Couverture de "Tarzan dans la préhistoire" (Tarzan the Terrible - 1920).

Couverture de "Tarzan et les hommes-fourmis" (Tarzan the Ant Men - 1924).

La peinture originale de la couverture de "Tarzan et les croisés" (Tarzan Lord of the Jungle - 1928).

Couverture de "Tarzan au cœur de la Terre" (Tarzan at the Earth's Core - 1930).

La peinture originale de la couverture de "Tarzan et la cité d'or" (Tarzan and the City of Gold - 1933).

Couverture de "Tarzan et les hommes-léopards" (Tarzan and the Leopard Men - 1935).

Peinture originale de "Tarzan et Jane" commandée par Vernell Coriell (Tarzan and Jane - 1952).

Illustrations intérieures de "Tarzan l'indomptable" (Tarzan the Untamed - 1920).

Illustration intérieure de "Tarzan l'indomptable", "The fight with ska" (Tarzan the Untamed - 1920).

Illustration intérieure de "Tarzan au cœur de la Terre" (Tarzan at the Earth's Core - 1930).

Peinture originale de la couverture et deux Illustrations intérieure de "Échecs sur Mars" (The Chessmen of Mars - 1922), d'Edgar Rice Burroughs.

Peinture originale de la couverture "L'Empire de David Innes" (Pellucidar" - 1922), d'Edgar Rice Burroughs.

Couverture de (The Monster Men - 1926), d'Edgar Rice Burroughs.

Quelques travaux pour Weird Tales Amazing Stories:
Peinture originale de la couverture de Weird Tales, "The Fire of Asshurbanipal" (1936), de Robert E. Howard.

Peinture originale de la couverture de "Yellow men of Mars" (1941), d'Edgar Rice Burroughs.

Couverture Amazing Stories, "Dinosaur Destroyer" (1949).

La couverture d'Amazing Stories, avec le Dinosaur Destroyer - 1949, a peut-être impressionné André Chéret dans sa jeunesse…
Mettons que l'idée de "mise en scène" de la case de la planche du monstre d'un autre temps, parue dans le Pif n° 137 de 1971, ne soit que pure coïncidence, il ne faut pas voir le mal partout… ou bien un hommage.
C'est le moment de sortir la rubrique "Les Différences" afin de s'amuser à deviner les influences ou les inspirations que l'on peut retrouver dans les œuvres graphiques.
J.Allen St. John a influencé pas mal de dessinateurs allant de Roy G. Krenkel à Frazetta. Dans les montages qui suivent on retrouvera Russ Manning, qui dans une case de sa version bd de "Tarzan l'indomptable", a rendu un "hommage" appuyé en reprenant la pause imaginée par ST. John.



J.Allen St. John inspirateur? Pas toujours…

Pour finir et toujours dans la série "Qui a inpiré Qui?", il est bon de rappeler que le Tarzan de Burroughs a eu un prédécesseur Français. En 1879, Albert Robida (dont vous n'avez pas manqué de voir un aperçu de son travail sur ce blog (smiley au sourire goguenard, car il sait que vous ne vous en souvenez pas… Mais les curieux peuvent suivre ce lien).
Donc en 1879, Albert Robida invente le personnage de Saturnin Farandoul dans un roman de 800 pages; "Voyages très Extraordinaires de Saturnin Farandoul dans les 5 ou 6 parties du monde et dans tous les pays connus et même inconnus de M. Jules Verne".
Victime d'un naufrage ce pauvre Saturnin âgé de 4 mois et 7 jours, échoue avec son berceau sur une île peuplée de singes qui l'adoptent. Il se balance de branches en branches avec la même aisance que ses confrères simiens jusqu'à l'âge de 11 ans, où il s'aperçoit qu'il n'est pas un singe, alors il s'embarque sur un tronc de cocotier explorer de nouveaux horizons…
Question : Burroughs a-t-il lu ce bouquin ?..
(Bouquin oublié pendant 134 ans, jusqu'à sa réédition en 2013, voir les "Liens" en bas).

"Farandoul et sa nourrice", illustration d'Albert Robida - 1879.



Voilà, c'est tout pour ce mois-ci, ci-dessous, le livre d'où sont tirées, via mon scan, toutes les "Zimages" (signées J. Allen St. John) de ce billet:


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