31 décembre 2017

Daniel Billon (épisode 7 et dernier)

Salut les Zamis !

Cette fois c'est la bonne, après s'être endormi une première fois en 2011, et une seconde en 2015, il n'y a pas meilleur moment pour sortir l'adage : jamais deux sans trois, sauf que cette fois c'est la bonne ! (sourire entendu, je ne dis plus smiley).
 Le Dessin ! et son module «… des Dessinateurs… Qui ne sont pas vraiment oubliées,mais qui ne font plus “l'actualité”!» poursuivra sa route sur la toile en pilotage automatique; sans membre d'équipage à son bord, pour être précis.


Alors, si on finissait avec celui qui revient régulièrement clôturer l'année, et ce depuis quatre ans, j'ai nommé Daniel Billon.

Normal de terminer avec ce Dessinateur pas vraiment oublié, mais qui ne fait plus «l'actualité».  Car c'est le seul qui eut droit à sept billets sur ce blog, je ne sais pas trop pourquoi, certainement parce que j'aime bien son Dessin, ou que… j'aime bien son Dessin !?
Pas la peine de rabâcher qu'il soit dommage qu'il n'y ait pas un éditeur qui s'intéresse à Daniel Billon, mais certainement le fait qu'il n'est pas eu sa série, explique sans doute ce désintérêt. De plus avec le nombre d'illustrations qu'il a produit pour Hachette, entre autres, il y aurait de quoi faire un bon gros petit "livre d'art". 
En tout cas, Le Dessin! est content d'avoir, très modestement, contribué à la découverte pour certains, et à la redécouverte pour d'autres du graphisme élégant de cet artiste, qui paraît-il, était considéré comme "le meilleur dessinateur des pages d'actualité du journal Pilote", dixit René Goscinny

Bon, allez je vous en file une dernière louche, et contrairement aux billets précédents (du feuilleton), je n'ai pas coupé les textes des illustrations qu'il a réalisé pour la rubrique Pilotorama (ça vous fera de la lecture), mais j'ai aussi privilégié ses planches bédéssinées.

La vie de D'Artagnan - Pilote n° 486 du 27 février 1969









Gagner son pain (1) - Pilote n° 495 du 1 mai 1969








La série des "Vava" - Pilote n° 655 du 25 mai 1972 - texte Pélaprat








La vie passionnée de Vinvent Poubelle - Pilote n° 745 du 14 février 1974 - texte Dionnet :
(on peut voir sa méthode de travail, avec collage des textes et vignettes peintes, sur fond)




Nos amis les végétaux" - Pilote n° 746 du 21 février 1974 - texte Cartry



Vers l'avenir (6 illustrations) - Pilote n° 734 du 29 novembre 1973





Des livres pour les nouveaux mariés - Pilote n° 656 du 1 juin 1972



Pour boucler la boucle, j'ai replacé les deux premières images de Daniel Billon apparues sur ce blog (en 2006 et oui, déjà…) Mais dans un format plus grand, afin de mieux apprécier son trait. La deuxième est dans sa version intégrale; illustration complète, ainsi que le texte de De BeketchCalembour temporel qui nous apporte un nouvel éclairage sur la biographie de J.V:

Anticipation au passé - Pilote n° 749 du 14 mars 1974


Calembour temporel - Pilote n° 749 du 14 mars 1974 - texte De Beketch


 Ci-dessous une illustration bonus du texte de l'édito, non signée, mais je pense ne pas trop me tromper en l'attribuant à la main de Daniel Billon (mais nul n'est à l'abri d'une erreur, si vous avez une autre proposition…)


*****

Épilogue :

Et voilà, cette fois, nous y sommes, comme je l'ai dit au début de ce post (billet, article, message), le module « les dessinateurs [] oubliées » que ce blog (web log, journal sur internet) a entretenu pendant douze ans, va continuer sa navigation (ou dérivation) sur la toile en mode pilotage automatique, jusqu'à ce qu'il se fasse dissoudre par «l'évolution» plus ou moins programmée de cet espace de semi-liberté. Souhaitons-lui de résister aux météorites de l'espace virtuel, au moins huit années supplémentaires, pour parvenir à vingt ans d'existence, sans aucunes avaries (comme la station spatiale internationale [sourire hérétique]).

En attendant, ces douze années, de fouilles archéologiques à l'intérieur d'anciens magazines des temps bénis de la presse «BD» ; m'ont permis :
  • de redécouvrir et de partager avec vous, ces dessinateurs de «l'art séquentiel»; 
  • de compléter ma bibliothèque, en cherchant et rachetant, pour alimenter le blog, des numéros «illustrés» de mes premières heures de lecture que j'avais perdu par négligence; 
  • de méditer, en scannant, puis en restaurant sur Photoshop les pages vieillies, pour qu'elles s'offrent à votre regard avec l'apparence de leur jeunesse, permettant à quelques unes, d'être invitées, en catimini, sur d'autres blogs ou sites;  
  • de mesurer,  au fil du temps, mon désintérêt grandissant pour la bande dessinée… 
  • … Hein ?! Quoi !?…

En effet, contrairement aux apparences, j'avoue que mon goût pour la bande dessinée, s'est dissipé au fil des ans. Au début des années 80, avec mes copains des Beaux-Arts , en pleine période des Métal Hurlant,  L'écho, À suivre, Fluide … Nous ne rations pas les sorties (surtout chez les Humanos) d'albums de : Corben, Mœbius, Chaland, Clerc, Margerin, Ted Benoit et même de Tramber et Jano, Bocquet…
Aujourd'hui je suis infoutu, de citer trois auteurs de la «production» actuelle.
Mais, par un curieux effet de vase communicant, je reviens aux fondamentaux, ceux qui dessinaient et peignaient, sans faire de «l'art séquentiel», mais qui m'intéressaient moins à cette époque «Bozarts», sauf pour les «U.V» ( Les «unités de valeur», et non pas le rayonnement ultraviolet).
On pourrait voir ici une sorte de validation d'une théorie; qui envisagerait que la bande dessinée s'accroche aux différentes étapes de notre vie, et qui explique pourquoi, à un moment, on remplace Pif Gadget par Métal Hurlant… etc. Jusqu'au jour, où on rachète des rééditions «genre» intégrale, en «mode» nostalgie.
Remo Forlani avait sans doute raison de s'interroger, il est vrai sur le ton de la déconnade, mais qui n'arrive pas à masquer totalement le troublant constat : « Ne sommes-nous vraiment qu'une bande de mal vieillis qui n'en finit pas de pleurer leurs 11 ans ? » (sur la revue Giff Wiff)
C'est la question, que ne semblent pas se poser, les «collectionneurs» armés de gros carnets, que j'ai croisé dans les boutiques d'occasions. Avec mes trois ou quatre recherches précises, je sentais au regard des vendeurs que j'étais petit joueur.  Heureusement, pour trouver au détail, il y a internet.
Bon, je n'en suis pas (encore) au même point de Frédérick Pajak, mais je le comprends : «… nous aimions la bande dessinée, et la bande dessinée nous aimait.» […] «Un dessin enfermé dans une case m'apparaît pour ce qu'il est : un dessin enfermé dans une case. Et pourquoi faut-il tant de dessin sur une page ?» (Le Cahier dessiné n° 2).

Néanmoins, j'espère que vous avez apprécié ces petits coups de projecteurs sur d'anciens dessinateurs, qui animaient avec enthousiasme les pages de la nombreuse presse bd de la fin du siècle dernier (1960, 1970, 1980), 
Des Dessinateurs oubliés, mais qui malgré tout gagnaient bien leurs vies, contrairement aux nouvelles générations (sortant régulièrement des «écoles de bande-dessinée»). 
Car aujourd'hui, c'est une autre histoire…

Attention! Si tu es as le désir de suivre les traces de ces Dessinateurs (connus ou oubliés) ne lit pas ce qui va suivre :

En fait je ne sais pas si c'est l'inexorable accumulation des années, qui a provoqué chez moi ce désintérêt pour la "narration figurative séquentielle" ou bien les vagues grandissantes de parutions annuelles, ou quantité ne rime pas avec qualité (graphique).
Mais on ne peut nier, qu'avec un peu plus de 5000 albums publiés par an (contre quelques centaines dans les années 80), il est normal d'être noyé. Pour suivre le rythme, il faudrait lire ou acheter, plus de dix bd par jour… 
J'ai lu quelque part, que le chiffre d'affaire du secteur avoisinait les 450 millions d'euros, les dessinateurs au RMI, si ce n'est le RSA, doivent se demander où va l'argent. 
En fait ils le savent, c'est dans la poche des éditeurs. Éditeurs qui leur versent des «avances sur droit» royales(*c'est de l'humour noir), avances que tu dois partager, si tu as un scénariste, et si on ajoute un.e coloriste… (vous avez vu le point inclusif ?)
Ne parlons pas du forfait, insidieusement étendu à tous les domaines par les éditeurs, alors que c'est à l'origine : limité aux seules œuvres collectives du type encyclopédique ou à la cession de quelques illustrations article L 131 - 4 du Code de la Propriété intellectuelle ). En clair, si tu débutes (ou que t'es pas trop connu), tu as moins de 5000 euros pour dessiner ton album, si tu ne dessines pas vite… tu peux bouffer ton papier et boire l'encre. 
Parce ce que une fois publié, ce n'est pas gagné non plus, il faut en vendre quelques dizaine de milliers pour rembourser «l'avance», tout en sachant que tu n'auras que 1 euro par vente (10% de droits d'auteur), dans le meilleur des cas… là aussi «ils» voudraient faire admettre que 8% c'est la "norme". 
Si t'es plus vite publié qu'avant, t'es aussi vite "dé-publié". En grossissant le trait; malheur aux «Charlier-Goscinny-Giraud-Uderzo» en herbe dont le premier et le second tomes ne dépassent pas la barre des "objectifs" fixés par les «manageurs-éditeurs». Les tomes 3 Blueberry - L'aigle solitaire et Astérix et Cléopâtre resteront dans les cartons à dessin. Comme il n'y a plus de presse BD (à l'exception de Spirou), tu ne peux plus laisser le «temps au temps», pour installer tranquillement ta série et en profiter pour perfectionner ton style au fil des parutions. 
Les libraires (qui touchent 34% sur la vente de ta bd), pour faire face à l'arrivée permanente des albums de tes nouveaux collègues, ne peuvent raisonnablement garder ton album en rayon une semaine, voire deux par temps calme. Bonne chance pour trouver un public dans cet espace-temps…
On peut prédire, sans trop se tromper, que le genre de ce blog n'existera certainement pas dans le futur, car les dessinateurs seront vite oubliés, et n'auront quasiment jamais été d'actualité

Voilà, tu peux reprendre la lecture, aspirant dessinateur.

En fait, il n'y a plus rien à lire, car nous voici au bas de la page de ce dernier post, billet, article.
Allez, une dernière petite illustration de Daniel Billon, qui «illustre» bien (selon moi) le thème de ce blog, web log, journal d'internet, avec ce jeune personnage, qui se retourne sur ces douze ans de recherches de lectures de jeunesse, torche à la main et pelle ?… Allez disons que c'est bien une pelle qu'il a sur l'épaule, pelle avec laquelle il a exhumé les «trésors dessinés» que vous avez vu sur Le Dessin ! (dit-il modestement).


Illustration du quatrième de couverture, du livre Les aventures de Tom Sawyer, Hachette, 1973

J'allais presque oublier que demain nous serons une nouvelle année (ça ne vaut que si vous lisez ces lignes le 31 décembre, de n'importe quelle année d'ailleurs), et qu'à cette occasion, il est d'usage de vous souhaiter que dans les 365 jours qui vont s'enchaîner, vous en trouviez de meilleurs que d'autres.

Pour marquer le coup, je vous ai «photoshopé» (pour la bonne date) une petite carte de vœux, que nous devons à l'Immense Dessinateur Albert Uderzo (ceux qui pensent le contraire, allez…) 

( L'image originale se trouve sur le journal Pilote n° 372 du 8 décembre 1966 )








5 commentaires:

  1. Ah ah mais la série ça n’existe même plus mon bon monsieur. Bonne année et merci pour tous les dessins.

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  2. Dommage, tes billets étaient un plaisir. Tu décides d'arrêter, libre à toi... Finir avec Billon c'est bien. J'adore ce Tom Sawyer (ou Huck, je ne me souviens plus) qui colle bien non seulement avec l'esprit de ton blog mais aussi avec ta conclusion attristée sur le métier.
    Bonnes années à venir à toi !

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  3. Et merde...
    Ton truc, ton machin, va devenir comme une sonde spatiale dérivant dans le vide intersidéral après avoir quitté le système solaire. Mais t'inquiète, sous sa carcasse rouillée et rongée par les rayons cosmiques se trouveront toujours les mêmes trésors, intacts, frais et dispos pour nos cerveaux de nostalgiques un peu désemparés par ce qu' est devenue la Bd.
    Je ne crois pas que nous ayons mal vieillit. Simplement, après s'être endormis sur les pages d'un bibi fricotin, un jeudi après midi de la fin des années soixante, on se rêveille des décennies plus tard avec un album deTiteuf, et on n'y peut rien.
    Ce qu'on a connu c'était l'apogée, le Silver age, comme pour les comics, et l'âge de bronze est bien terne. Il ne s'agit pas d'être passéiste, ou de donner des leçons d'un ton docte sur ce que doit être ou pas la Bb, mais l'émerveillement, l'attente fébrile devant le marchant de journaux du nouveau Pif, Mickey, Tintin, Pilote, Spirou, les comics d'Arédit, Lug, Sagédition, et les centaines de petits formats qu'il serait trop long de citer, tout ça à disparu. En réalité nous avons vécu un fragment d'histoire incroyable et inédit qui a trépassé avec la fin de notre jeunesse et qui ne se reproduira plus. Comme pour la pop et le rock, tout a été fait et il ne reste plus aux nouvelles générations que le remâchage, le recyclage, la ressucée et la tentation illusoire de faire du neuf avec du vieux, voir Conrad avec Astérix (attention, je n'ai rien contre Conrad qui est excellent et dont je me rappelle très bien sa première apparition dans une carte blanche de Spirou en 1975, je crois, mais franchement, à quoi bon...)
    Comme toi, je suis passé de Pif a Métal et à l'écho et autre fluide glacial ( en balançant d'ailleurs à la poubelle pas mal de trésors que je rachète comme un abruti aujourd'hui) parce que la bd adulte est née avec nous, elle était faite pour nous, pour nos attentes, nos désirs, par des types qui pour la plupart étaient des dissidents des magazines que nous lisions enfant. On s'émoustillait devant une fille dénudée sur une couverture de Métal hurlant ( rien que le nom du journal sonnait déjà comme une espèce de blasphème qui nous faisait frissonner et provoquait la méfiance des parents) on avait l'esprit retourné par les histoires délirantes et subversives écrites par ceux là même qui, par exemple, nous faisaient sourire naïvement avec gaî luron. C'était vraiment nouveau, et comme je l'ai déjà dit ne s'est plus jamais reproduit. Les Gotlib, Druillet, Moebius, Tardi et les autres ont tué le père et nous ont sorti de l'enfance. Il le fallait bien.
    En ce moment j'achète à ma fille (13 ans) l'intégrale de fantomiald qui sort en kiosque, ma femme dit que c'est plutôt pour moi que pour elle. C'est pas entièrement faux. Je lui parle de Scarpa, de De Vitta, du fait que quand j'avais son âge je ne savais pas que la plus grande partie des Disney que je lisais naissaient de crayons italiens, des trucs sans importance aujourd'hui et qu'elle m'écoute débiter poliment. Elle, regarde One piece en streaming sur son iPhone (au passage j'aime beaucoup malgré mon âge avancé) le fossé est quand même énorme, mais je sais qu'elle aime bien lire mes vieux pif poche et ça me rassure (je devient Gaga).
    Bon, allez! Ça suffit !
    Longue vie à toi et merci pour tout, je reviendrai souvent et qui sait, hein? Peut-être un nouvel article? On ne se refait pas...

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  4. Salut les Zamis, (c'est-à-dire les trois qui suivaient ce blog, enfin identifiés [sourire chaleureux]).
    Merci donc: Li-An, Vasco et Steranko, pour vos commentaires amicaux (mention spéciale pour le commentaire de conclusion de Stéranko [sourire partagé avec Li-An et Vasco]).
    Bonne continuation à vous et bonnes années à venir (ça vaut aussi pour tous les autres qui n'ont pas osé commenter, mais qui j'en suis certain, n'en pensent pas moins.
    Voilà, je ramasse les deux ou trois trucs que j'étais venu chercher; je jette un dernier coup d'œil… et je verrouille le sas.

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  5. Laisse la lumière allumée et si tu oublies un ou deux Billon en partant, ce n’est pas trop grave.

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Mais sachez que ce blog est désormais en pilotage automatique (depuis le 31 décembre 2017), donc il n' y a plus personne à bord pour vous répondre.