29 janvier 2011

Dégoût et des couleurs…


Rassurez-vous, en ce week-end Angoumoisin, je ne vais pas parler de Macherot, ni de son fameux colonel Clifton, rien n'est plus à dire ou redire sur ce classique et son Dessinateur.
Sauf que… on peut trouver à "redire" sur la façon dont Le Lombard vient de traiter ce vénérable Sir Harold Wibleforce dans son intégrale de ce début d'année.
En effet si la tendance actuelle, dans le monde de l'édition, est à la réédition (je suis pour).
Toutes les maisons n'ont pas le même soucis de qualité, si Dupuis soigne ses intégrales (Gil Jourdan, Tif et Tondu…) par le soin apporté à la qualité de l'impression. On ne peut pas en dire autant pour Le Lombard, qui avec son premier tome de l'intégrale Clifton souffre de la comparaison.
On passe sur le "dossier" d'une dizaine de pages, dont une moitié est composée de documents que l'on ne peut qualifier ni de rares ou exceptionnels, et l'autre de pages ou l'interlignage est poussé au maximum afin de remplir six pages de dossier, qui n'en ferait que trois.
C'est surtout la désaturation de la couleur, que l'on a appliqué aux planches, qui (à mon goût) est assez dommageable.
Étrange, car ce même Lombard avait édité en 1981 un Spécial Clifton, avec les trois histoires de Macherot, sur lequel il avait conservé les couleurs vives d'origine.
Alors que s'est-il passé entre les deux ? "Je m'en foutisme" ou volonté d'atténuer ces couleurs jugées trop criardes, pour ressembler à la production d'aujourd'hui (et pas "au jour d'aujourd'hui", qui est un horrible pléonasme, vu que "d'hui" veut déjà dire "en ce jour").
Si c'est la deuxième hypothèse, alors il ne faut pas se contenter de foutre un coup "d'atténuation globale" de la couleur sur Photoshop, il faut engager un(e) coloriste pour repenser les couleurs, mais ça coûte du fric… Un peu de respect merde ! C'est vrai quoi, sans blague à la fin…

Bon allez, on va s'amuser à comparer avec des images.

D'abord trois sources différentes : un numéro du journal tintin de 1960 (le seul que j'ai avec Clifton dedans), le Spécial Clifton de 1981 et L'intégrale 2011 :

Voilà pour comparer une moitié de page extraite de ces trois publications :


Certains, (qui ont les écrans mal calibrés) diront que ce n'est pas flagrant, ni gênant, mais pendant 90 pages croyez-moi, on le sent; les scènes de nuit sont trop sombres (normal, c'est la nuit, ricanent certains dans le fond …faites les malins, j'ai les noms), dans certaines cases, Clifton semble avoir imité Séguéla dans son abus de la lampe à U.V, les ciels sont gris, le marron remplace l'orange…
Alors pourquoi l'avoir acheté ? Me rétorquent narquoisement les mêmes qui ricanaient tout à l'heure et dont j'ai toujours les noms. Parce que je voulais lire la quatrième histoire de Clifton, Les lutins diaboliques, celle dessinée par Azara et scénarisée par Greg en 1969 et publiée en 1971 (avant la reprise de la série par Turk et De Groot).
C'est pour cette raison que je suis "pour les rééditions d'intégrales, pour faire (un peu) chier les spéculateurs de, ce que je j'appelle, "vieux papier", qui brandissent à bout de bras le BDM, comme les intégristes de tous bords les "textes sacrés".
Il est vrai que je peux aussi rechercher cette réédition de 1997 et bazarder ce tome un.
Les planches d'Azara semblent avoir été épargnées par la désaturation incriminée plus haut.


Allez, merci d'être passé et à la prochaine…



4 commentaires:

  1. J'ai réglé le probleme,ayant la délicieuse édition noir et blanc des CLIFTON de Raymond Macherot(NIFFLE,2003).Je me souviens que les couleurs passées,repassées,délavées etc...étaient la cible de T.Groensteen,il y a 20 ans à propos des éditions successives de TINTIN(On dirait que cette question n'a plus lieu d'etre).
    La peine de mort pour les "Jours d'aujourd'hui".

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  2. Je vais en dire trop ou pas assez mais il semblerait que les éditions du Lombard sont conscients du problème... mais il semblerait que ça avance très lentement.

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  3. De mon côté, j'ai toujours cru que la manière de gérer les couleurs était en rapport avec la qualité du papier : par exemple, les rééditions Marvel (dans un autre genre, certes) ont des couleurs criardes car le papier est de bien meilleure qualité qu'un vieux "Strange" au papier bouffant limite buvard, qui rendait les couleurs délavées... (à tout prendre je préférais ça)
    Pour Clifton, j'ai pas vu, mais c'est bien de donner à comparer tes 3 sources. Je crois qu'en général, c'est surtout un problème de densité du noir, avant même de passer à la couleur.
    Mais je ne suis pas imprimeur, et je n'y connais pas grand chose...
    En tous cas l'intégrale Gil Jourdan, c'est vraiment l'exemple à suivre (qualité du rendu, richesse du contenu...)

    Merci Pat !

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  4. Salutàvoustrois,
    (je réponds une semaine après, j'avais momentanément quitté la blogosphère)

    Julien :
    J'ai aussi le Clifton de chez Niffle, car je préfère les planches sans l'ajout de couleur (vu le résultat :-), d'ailleurs ça serait pas mal dans ce cas (Macherot) de faire une "collec" comme les noirs et blanc de Tintin.
    Li-an :
    En effet il serait temps, mais c'est d'autant plus gonflant car Le Lombard a apporté plus de soin dans la réalisation de l'intégrale Isabelle que pour ce premier tome de Clifton. Pour le "trop ou pas assez" de ton commentaire, n'hésite pas à développer si tu as des infos…secrètes ;-)
    Mandrake :
    On peut en effet supposer, entre autres, que pour des raisons "budgétaire" il n'y avait personne du Lombard aux côtés de l'imprimeur italien pour le "bon à tirer". Dans tous les cas de figure, c'est dommage car (je répète) leur l'intégrale Isabelle (2007) est de qualité.

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